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Condamnation passée : les cas où l'on ne peut pas exploiter, même formé

Mis à jour le 25 octobre 20264 min de lecture

Oui, certaines condamnations interdisent d'exploiter un débit de boissons à consommer sur place, même avec une attestation de formation. L'article L. 3336-2 du code de la santé publique prévoit une incapacité perpétuelle pour les crimes de droit commun et quatre délits précis, et une incapacité de cinq ans après une condamnation à un mois d'emprisonnement au moins pour certains délits. La réhabilitation y met fin.

L'essentiel

  • Deux régimes : incapacité perpétuelle (crimes de droit commun et délits des articles 225-5, 225-6, 225-7 et 225-10 du code pénal) ou incapacité de cinq ans (liste de délits, un mois d'emprisonnement au moins).
  • Fin de l'incapacité : cinq ans sans nouvelle condamnation correctionnelle à l'emprisonnement pour le second régime, ou réhabilitation.
  • Formation : suivre la formation ne lève aucune incapacité.
  • Sanction : 3 750 euros d'amende et fermeture définitive de l'établissement.
Le rideau métallique baissé d'un bar dans une rue calme, en plein jour

Ce que dit la loi sur les personnes qui ne peuvent pas exploiter

L'article L. 3336-2 du code de la santé publique dresse la liste. Ne peuvent exploiter un débit de boissons à consommer sur place :

Le texte ajoute que l'incapacité peut aussi être prononcée contre les personnes condamnées pour le délit de l'article 227-22 du code pénal.

Combien de temps dure l'incapacité

La durée dépend de la catégorie de la condamnation.

Une condamnation absente de ces listes n'entre pas dans le champ de cet article. Pour savoir si la vôtre y entre, vérifiez l'infraction exacte et la peine prononcée sur votre jugement.

La formation ne change rien à l'incapacité

L'obligation de formation et l'incapacité relèvent de deux articles distincts. L'article L. 3332-1-1 impose la formation à la personne qui déclare l'ouverture, la mutation, la translation ou le transfert du débit. L'article R. 3332-4-1 prévoit que l'organisme agréé délivre l'attestation aux personnes qui ont suivi la formation. Il ne mentionne ni casier judiciaire du stagiaire ni vérification d'une incapacité.

Une attestation en main ne dit donc rien de votre droit d'exploiter. L'incapacité tient à la condamnation, que vous ayez suivi la formation ou non.

Si un exploitant est condamné en cours d'exploitation

L'article L. 3336-3 traite le cas du débitant déjà en place. Les mêmes condamnations entraînent de plein droit, et pendant le même délai, l'interdiction d'exploiter un débit, à partir du jour où elles deviennent définitives. Ce débitant ne peut plus être employé dans l'établissement qu'il exploitait, ni dans celui exploité par son conjoint, même séparé.

Ce que risque celui qui exploite malgré l'incapacité

L'article L. 3352-9 punit de 3 750 euros d'amende le fait, pour une personne frappée d'une incapacité de l'article L. 3336-2, d'exploiter un débit de boissons ou d'être employée dans les conditions de l'article L. 3336-3. Le tribunal prononce en outre la fermeture définitive de l'établissement.

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Les textes officiels

Ces articles du code de la santé publique fixent les incapacités, leurs effets et la sanction.

Questions fréquentes

Une condamnation ancienne m'empêche-t-elle d'exploiter ?

Cela dépend de l'infraction. L'incapacité est perpétuelle pour les crimes de droit commun et quatre délits du code pénal. Pour les délits de la seconde liste, elle cesse cinq ans après la condamnation si aucune nouvelle condamnation correctionnelle à l'emprisonnement n'est intervenue.

La réhabilitation efface-t-elle l'incapacité ?

Oui, l'article L. 3336-2 précise que l'incapacité cesse en cas de réhabilitation.

Une peine avec sursis compte-t-elle ?

L'article L. 3336-2 vise une condamnation à un mois au moins d'emprisonnement et ne mentionne pas le sursis. Pour savoir comment votre peine est prise en compte, interrogez un avocat ou la préfecture.

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